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Témoignage
Elena a massé une femme de 69 ans sur la plage du Lavandou
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Je reste dans ma bulle, j'entends plus rien et je me concentre.
Elena est assistante maternelle agréée. Le 26 juillet 2021, elle est en vacances au Lavandou, dans le Var. Elle passe l’après-midi sur la plage. Ce qui suit, elle ne l’avait pas prévu, et elle n’avait jamais eu à le faire avant.
Ce qui s’est passé sur la plage
Un jeune homme sort de l’eau une femme âgée, inconsciente. Il la dépose sur le sable. Autour, les gens regardent. Personne ne bouge.
C’est le moment le plus important du récit, et c’est celui qu’on oublie quand on parle de secourisme. Le problème n’est presque jamais l’absence de personnes autour de la victime. Le problème, c’est que personne ne se sent autorisé à commencer.
Elena s’approche. Elle allonge la femme sur le dos, se met à genoux, et commence les compressions.
Je reste dans ma bulle, j’entends plus rien et je me concentre.
Cette phrase dit exactement ce que produit une formation bien faite. Elena ne se souvient pas d’avoir réfléchi. Elle décrit l’inverse : le bruit de la plage disparaît, et les mains font ce qu’elles ont appris à faire.
Les secours prennent le relais
Les secouristes de la plage arrivent rapidement. Ils prennent le relais des compressions et vont chercher un défibrillateur. Elena s’écarte, va se rafraîchir. L’équipe du SMUR arrive ensuite et prend en charge la victime, une femme de 69 ans.
Elle a survécu.
Le relais entre le témoin et les secours est un moment critique. Les compressions doivent s’interrompre le moins longtemps possible : idéalement moins de dix secondes. C’est un geste qui s’apprend et qui se répète en formation, parce qu’il ne s’improvise pas le jour J.
Ce que ce témoignage dit de la chaîne de survie
En France, environ 50 000 personnes meurent chaque année d’un arrêt cardiaque. Dans la grande majorité des cas, quelqu’un est présent au moment où la personne s’effondre. Et pourtant, dans la majorité de ces cas, rien n’est fait avant l’arrivée des secours.
Chaque minute sans compressions fait chuter les chances de survie. Un massage cardiaque commencé immédiatement par un témoin multiplie ces chances. Ce n’est pas une formule : c’est la différence entre l’issue qu’a connue cette femme de 69 ans et celle qu’elle aurait connue si personne ne s’était approché.
Ce qu’il faut retenir si vous vous retrouvez dans cette situation
- Une personne inconsciente qui ne respire pas normalement est en arrêt cardiaque, même si elle semble encore émettre des sons ;
- appelez le 15 ou le 112, ou faites appeler par quelqu’un que vous désignez du doigt ;
- commencez les compressions, au centre de la poitrine, sans attendre ;
- demandez à voix haute qu’on aille chercher un défibrillateur ;
- ne vous arrêtez que si la personne respire de nouveau normalement, ou quand les secours prennent le relais.
Vous ne pouvez pas aggraver la situation d’une personne en arrêt cardiaque. C’est la crainte qui paralyse le plus les témoins, et c’est celle qu’il faut lever en premier : sans compressions, l’issue est connue.
Se former, c’est se donner le droit de commencer
Ce qui sépare Elena des autres personnes présentes sur cette plage, ce n’est pas le courage. C’est d’avoir déjà eu les mains sur un mannequin, d’avoir déjà entendu un formateur dire « vas-y, appuie plus fort », et de savoir qu’on ne casse rien d’irréparable.
Deux heures suffisent pour apprendre à alerter, masser et défibriller. C’est le format de notre initiation aux gestes qui sauvent, ouverte à tous, sans prérequis.
- Une personne inconsciente qui ne respire pas normalement est en arrêt cardiaque
- Appelez le 15, puis commencez les compressions sans attendre
- Désignez quelqu'un du doigt pour aller chercher un défibrillateur
- Vous ne pouvez pas aggraver l'état d'une personne en arrêt cardiaque
Questions fréquentes
Peut-on être poursuivi si on intervient et que la personne meurt ?
Non. Depuis la loi du 3 juillet 2020, la personne qui porte assistance bénévolement à une victime en situation d'urgence est reconnue comme citoyen sauveteur, et sa responsabilité civile ne peut pas être engagée pour les dommages causés en portant secours, sauf faute lourde ou intentionnelle.
Faut-il faire du bouche-à-bouche ?
Si vous n'êtes pas formé ou si vous ne le souhaitez pas, faites uniquement les compressions, sans interruption. C'est infiniment préférable à ne rien faire.
Comment savoir si la personne est vraiment en arrêt cardiaque ?
Elle ne répond pas et ne respire pas normalement. Attention au piège : une respiration lente, bruyante, en hoquets, n'est pas une respiration normale. C'est un signe d'arrêt cardiaque, pas le contraire.
Combien de temps faut-il continuer ?
Jusqu'à ce que la personne respire de nouveau normalement, ou jusqu'à ce que les secours prennent le relais. Relayez-vous si quelqu'un d'autre est formé : la qualité des compressions chute au bout de deux minutes.
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